Et l'Ecole publique ? Est-elle vouée au délabrement ?

Le plus souvent, les parents ne veulent pas que leurs enfants soient informés des erreurs qu'ils ont pu commettre étant jeunes. Cela, pour éviter qenfantdessinu'ils ne soient tentés d'en faire l'expérience ou pour se conserver un droit légitime de recommandation et de réprimande, mais avant tout parce que la plupart des parents veulent que leurs enfants réussissent mieux qu'il n'ont pu le faire eux-mêmes.
Ce bon sentiment peut avoir un effet pervers quand l'ambition en partie frustrée de la mère ou du père ne pousse pas l'enfant à l'effort sur soi, à la valorisation de ses capacités intellectuelles ou manuelles, la curiosité pour le savoir, la bonne relation avec les autres de l'environnement familial et social.
Les qualités morales qui doivent faire partie du viatique dès le plus jeune âge sont l'esprit de tolérance et de partage.
Dans la société idéale, l'école est le creuset de la formation intellectuelle et humaniste, fondement de toutes les vertus. Il fut un temps où les parents pouvaient en toute confiance, déléguer à l'école la part de l'éducation qui adapte l'enfant à la société dès les premiers âges. C'était  là une ambition fondamentale de l'école républicaine.
Mais cette école qui était la même pour tous et qui devait former les citoyens au mieux de leurs capacités, n'existe plus.
L'école qui était un espace protégé par ses murs et par la considération que la société en avait, s'est ouverte à la rue et à  toutes ses dérives.
Elle s'est naturellement partagée selon le quartier, le milieu social et les revenus, au point que chaque école finit par devenir un concentré de telle ou telle couche de la société. Les élèves sont identifiés en tant que personne selon le quartier ou la rue, et leur avenir professionnel et de citoyen s'en trouve tracé pour la grande masse de ceux qui ne sont pas une rare, parfois miraculeuse, exception à ce déterminisme.autableau
Face à cette situation on est étonné que les citoyens tout à fait conscients du fait, ne se révoltent pas, s'il le faut par la violence, contre ceux qui  sont directement responsables de la situation déplorable de l'école.
C'est que l'école ne trouve pas ses défenseurs parmi ceux qui ont le pouvoir de la redresser. Ceux qui appartiennent à la classe aisée ont des écoles qui bénéficient des meilleures conditions d'environnement et de travail avec les meilleurs professeurs ; les plus expérimentés. Ce sont certaines écoles privées ou même publiques qu'ils ont accaparées. Par leur mérite mis en valeur ou par les affinités, le copinage, la solidarité de classe... de toutes les façons tous les enfants de cette caste sortiront du lot.
A la direction de ce qui est encore l'Education nationale, on trouve désormais des hommes médiocres dont on ne connaît même pas le nom et qui ne s'expriment que pour dire leur mépris à l'égard des enseignants. Tout ce qui se dit de négatif sur les enseignants est répété de la parole d'un des nombreux ministres qui se sont succédés.
Les parents gardent encore une bonne opinion des enseignants ? Alors, tout n'est pas perdu !